Politique à Annecy

Comme à Brest, les derniers spectacles présentés à Bonlieu, scène nationale d’Annecy, ont répondu à la question : peut-on réinjecter du politique sur la scène ? Deux chorégraphes répondent par l’affirmative, même si la représentation du politique est encore un tabou. Avec «Loin», un solo très personnel, Rachid Ouramdane invente une gestuelle qui permettrait de mettre à jour un corps traversé par l’histoire : celle du colonisé qui se retrouve par guerre d’Indochine interposée dans le rôle de colonisateur. Gilles Jobin brise le tabou de l’icône médiatique. Il s’empare sans état d’âme des images qui ont défilé ces dernières années et qui sont sensées faire l’apologie du contre terrorisme. Il s’ensuit de joyeuses blagues où le chorégraphe imagine la Suisse neutre déchirée entre les catholiques et les protestants. Sur l’autoroute de l’information, Gilles Jobin prend le temps de s’arrêter devant un feu de cheminée. C’est bon, une petite flambée en regardant à la télé, les images des camps de prisonniers. Chouette !!! Salvador Garcia, directeur de Bonlieu, sait choisir les artistes associés à la structure annecienne.