Indisciplines à Brest

Le festival Les Antipodes, proposé par le Quartz de Brest et qui s’acheve le 15 mars, n’a ni la langue dans sa poche, ni le sexe dans le caleçon. Depuis huit ans qu’elle existe, cette manifestation brasse les styles et les disciplines. Les chorégraphes cette année ont brisé bien des tabous, sans provocation. Depuis le temps qu’ils explorent des terrains nouveaux pour réinjecter de la vie sur la scène contemporaine kidnappée par la société marchande et la seule loi de la consommation, ils aboutissent. Enfin, les barrières sont tombées. Jacques Blanc, directeur de la structure peut s’en féliciter. Il n’y est pas pour rien puisqu’il a accompagné les artistes, sans préjuger de ce qu’ils produiraient. Bruno Geslin a présenté un «Crash», dédié à la vitesse et à «l’orgasme automobile» dans un drive-in fait maison où le spectateur est invité à monter en voiture pour suivre le spectacle. Michel Schweizer fait dialoguer des figures mythiques de femmes, un commentateur, un warrior et trois petits chiens, prothèses affectives. A tous les étages, y compris au bar pour une dégustation d’huîtres, on s’est régalé. De l’Afrique du Sud, Robyn Orlin a débarqué avec une bande de zoulous. Son spectacle «Dressed to kill... Killed to dress» rend hommage aux swankas, ouvriers du bâtiment et des mines qui le soir se transforment en beaux et belles de nuit pour des concours d’élégance.
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