Première Biennale Dance Caraïbe

De la danse de la Caraïbe, nous ne savions que très peu de choses. Seul le célébrissime Ballet national de Cuba, dirigé avec fermeté par Alicia Alonso a su acquérir une renommée internationale. Les danseurs aussi, formés pour la plupart à l’Ecole nationale de Cuba ont intégré nombre de compagnies internationales. Mais de la danse contemporaine nous n’avions que très peu d’écho. Après avec initié les Rencontres Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan Indien, c’est tout un pan de la danse que Culturesfrance, en collaboration avec le Conseil national des arts scéniques du ministère de la Culture à Cuba, propose de découvrir. Lors de la première Biennale Danse Caraïbe qui s‘est déroulé à La Havane, parallèlement au Festival de la Vieille Havane, du 25 mars au 3 avril, de nombreuses compagnies ont été réunies, à la fois pour le concours ou pour des plateaux danse. La qualité des danseurs a surpris les programmateurs et les journalistes qui assistaient à la manifestation. En revanche, il faut bien avouer que sur le plan de l’écriture chorégraphique, le travail à fournir est encore énorme. Les idées ne manquent pas mais le propos demande à être soutenu par une vraie dramaturgie. Le jury n’a pas manqué de le rappeler aux chorégraphes participants et aux deux lauréats: le Cubain Luvyen Mederos (solo) et la compagnie Blo à Blo de la République Dominicaine. De la même façon, Sophie Renaud, responsable « d'Afrique et Caraïbe en création » à Culturesfrance, s’est adressée au public pour l’exhorter à plus de curiosité envers les jeunes créateurs. Car il est aussi question de changer les regards habitués à la danse classique. Cela devrait progressivement se faire à condition que la circulation des œuvres et des artistes soit garantie. Ce qu’entend bien défendre Noel Bonilla Chongo, directeur artistique de la manifestation à Cuba: «Ne serait-ce que parce que les distances sont longues et que les moyens de transport sont diffciles et chers, il est dur de sortir de l'isolement. Mais ce n'est qu'à cette condition de l'ouverture et de la confrontation que nous pourrons envisager la construction d'une danse nouvelle. Nous allons poursuivredans cette dynamique engagée par la Biennale".Cuba, disposant des infrastructures nécessaires, devrait être moteur dans le renouvellement. Surtout que l’île de Castro ne manque pas de ressources intellectuelles et d’ingéniosité. On se prend à rêver d’une danse qui aurait la diversité de l’architecture. A confirmer pour le prochain rendez-vous dans deux ans.