Les Aphorismes de Jürg Von Ins

Celui qui lit les poèmes de Jürgen von Ins n’a plus besoin de liqueurs pour s’évader. Il a des rêves en stock pour des heures, sans se lasser. Chaque poème tient de l’aphorisme piquant, dont la lumière survient comme par accident. Des glissades conscientes, le poème comme lapsus savant. Il est mal aisé d’y distinguer le Saint-Esprit du simple d’esprit. Dans son vaste fourre-tout, le poète nous invite à chercher sa trace, mais il ne nous rend pas la tâche facile. En de rares moments, lorsqu’il croit que personne ne le regarde, il se trahit soudain, à la lueur d'un feu de joie. A quel point le sublime côtoie ici le ridicule ! A quel point sont-ils passionnément entrelacés ! Le saint sait qu’il peut glisser sur une peau de banane à chaque instant.

Jürg Von Ins : « Ich hab kein Wort verloren » (Je n’ai perdu aucun mot). Texte ci-dessus de David Signer, auteur et journaliste suisse germanophone, librement traduit par Etienne Balmer.
• Sortie prévue le 15 mars 2008.
Ed. Wolfbach Verlag Zürich.

Souriant, décalé, Jürg von Ins, Suisse allemand, a étudié la théologie à l’université de Bern. Il fut aussi de l’aventure de Mudra Afrique au Sénégal et s’est penché pendant plus de dix sur les rituels spirituels africains. Il écrit régulièrement et à 55 ans n’a rien perdu de sa verve, de son esprit critique et de son empathie.